ENTRETIENS

Entretien avec Claude Barras

Rédigée par Benshi

 

COUP DE COEUR

 

Profitant du passage d'Icare (mais je crois qu'il préfère qu'on l'appelle Courgette), Camille et Simon au Studio des Ursulines, à Paris, nous avons pu bénéficier d'un rapide entretien avec Claude Barras, le réalisateur de Ma vie de Courgette, qui sort ce 19 octobre.

 

Extraits :

On te connaît pour ton travail sur la forme courte [NDR : par exemple Le génie de la boîte de raviolis, trouvable dans le programme de courts métrages Patate]. Pour toi, avec Ma vie de Courgette, c'est un passage par le long, ou au long ?

Je le vois plutôt comme un passage au long, notamment parce que je travaille en ce moment sur un projet qui me tient à coeur, pas une adaptation cette fois-ci, mais une idée originale. Ca c'est pour le côté réalisateur ; en production, avec Hélium Films, je suis toujours des projets de courts métrages, en ce moment celui d'Albertine et David Toutevoix, La femme canon, par exemple.


Tu avais déjà une expérience du long, en Suisse, avec Max & Co, de Frédéric et Samuel Guillaume, mais ce n'est pas la même chose que d'être le réalisateur.

Effectivement, sur Max & Co, j'avais travaillé au développement des personnages, à la fabrication. C'est très différent. Mais les frères Guillaume m'ont donné plein de tuyaux avant que je ne m'embarque dans le projet de Ma vie de Courgette.


Un projet qui t'a emmené loin de chez toi pour un sacré moment, et avec une équipe d'une autre ampleur.

Il se trouve que j'ai étudié à Lyon, que j'y ai des amis, des attaches, un lien affectif à la ville, aussi, que j'aime beaucoup. De plus, j'ai pu confier à des collaborateurs de précédents courts métrages la responsabilité d'équipes qu'ils constituaient eux-mêmes. Ce qui fait que l'un dans l'autre, je n'ai pas vraiment été dépaysé et c'était assez aisé. Après, bien sûr, il a fallu un temps pour trouver le bon équilibre et une certaine fluidité.


Tu parcours les salles et les festivals depuis un certain temps avec ce film. Qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans tes rencontres avec le public ? As-tu eu des surprises ?

Oui, la surprise, agréable, de constater quand je suis dans la salle pendant la projection que le public réagit globalement de la même manière, aux mêmes moments, quel que soit son âge. Je crois qu'avec Céline [NDR : Céline Sciamma, la scénariste] nous avons réussi à transposer notre volonté de ne pas avoir un double discours, de ne pas avoir plusieurs niveaux de lecture. L'idée était d'avoir un film qui s'adresse de la même manière aux adultes et aux enfants.


Une chose assez surprenante, à ce propos, c'est le ton un peu « punk » du film. Ca vient de qui, ça ?

Ca vient de moi, je pense, ça renvoie à la période de mon adolescence. Quand j'ai lu le livre de Gilles Paris, je l'imaginais se déroulant dans les années 1960, et je me suis dit que je voulais plutôt le transposer dans une période actuelle. Et c'est donc complètement paradoxal que je me retrouve à y mettre des références de cet ordre, mais il y avait l'idée de faire un film familial, et la musique pouvait agir en tant que pont générationnel.


Petite question rituelle dans les interviews du panda roux : quels films conseillerais-tu pour des enfants ? Des références anciennes ou un film que tu aurais vu récemment...

Les enfants loups, de Mamoru Hosoda. Ou Princesse Mononoke, aussi, mais celui-là est beaucoup plus connu.


Ces deux films sont très liés ; tu as une affection particulière pour les loups ?

Disons que ça rejoint mes préoccupations du moment, même si mon projet n'est pas avec des loups mais des orang-outans.


FD, pour Benshi.fr

 

Ma vie de courgette a été présenté dans la sélection officielle de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2016. Il a également remporté, le mois suivant, le Cristal du long métrage et le Prix du public au Festival international du film d'animation d'Annecy.

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