DOSSIERS

Trois livres pour prolonger la sélection Question de taille

Rédigée par Benshi

Ce mois-ci, Benshi s'est associé à culturekids.fr pour vous proposer des livres en lien avec notre sélection Question de taille. Découvrez sans plus tarder les recommandations de Christel Moreau, rédactrice littérature jeunesse, pour prolonger la thématique !

Trop grand, trop petit, trop ci ou pas assez cela… Est-ce que la taille a vraiment tant d’importance ? Parfois oui. Elle peut être un atout, une fierté, une source de questionnements intéressants ou un bon moyen de créer des liens d’amitié. Mais finalement, que ce soit la nôtre ou celle de l’autre, elle n’est pas forcément si importante que ça.

Voici 3 albums très différents où il est question de taille… mais pas que !

Le plus petit yack

Un petit coup de pouce

Gertie est une yack. Une petite yack. La plus petite des yacks, même. Alors oui, c’est mignon, c’est choupinou et tout mais Gertie, elle, elle veut gran-dir! Elle s’entraîne aux petits bonds, aux grands pas, mange 5 fruits et herbes par jour, mais rien n’y fait. Sa maman a beau tenter de lui expliquer que sa valeur n’est pas dans sa taille, ce n’est que le jour où le tout petit minuscule Achille se retrouve coincé au sommet d’un fragile pic de glace qu’elle réalise que sa taille peut même carrément être un atout.

On aborde ici un thème récurrent, un classique, un passage quasi-obligé pour chaque enfant : vouloir grandir vite, plus vite !

Cet adorable album enneigé met en avant l’acceptation de soi et la patience, tout à la fois. L’acceptation de sa petite taille pour la mignonne Gertie, qui finit par enfin accorder de la valeur à la petite yack courageuse qu’elle est. Mais également la patience, celle de se laisser le temps de grandir. En attendant d’être une grande yack, elle a enfin réussi à s’accepter telle qu’elle est. Bref, c’est pas la taille qui compte, n’est-ce pas ?

Un livre à mettre dans toutes les petites mains qui veulent grandir plus vite que la musique.

A partir de 4 ans.

Auteur : Lu Fraser. Illustratrice : Kate Hindley. Editeur : Little Urban. Prix : 13,90 euros.

 

Super potes

Une amitié grosse comme ça

Ours et Ecureuil sont inséparables. Des amis pour la vie. Des super potes quoi ! Enfin… disons que ces temps-ci, c’est surtout Ours qui suit Ecureuil partout. Partout et tout le temps. Et comme il est un peu imposant (et maladroit), sa présence ne passe vraiment pas inaperçue. Il casse la théière, prend toute la place dans l’igloo, envoie valser son mini-copain dans les arbres, etc… A tel point qu’Ecureuil commence à ressentir le besoin de prendre un peu l’air, étouffé par l’omniprésence de son encombrant ami. Allez, c’est décidé, il va prendre un peu de temps pour lui. Seul. Sans ce gros balourd d’Ours.

Ce dernier, blessé par la requête aussi soudaine qu’incompréhensible de son ami, est à mille lieues de se douter de la gêne occasionnée. Et quand bien même, il est imposant, c’est comme ça !

Enfin ! Ecureuil peut s’étaler, prendre son temps, faire ce qu’il veut quand il veut… Mais… Très vite, un petit pincement dans son cœur se fait ressentir. Il manque un truc. Un gros truc même ! A quoi bon toute cette liberté si la joie qu’elle procure ne peut plus être partagée avec ceux qu’on aime ?

L’histoire est construite en deux parties, de manière à d’abord mettre en avant les dysfonctionnements de cette amitié, puis dans une seconde partie, montrer qu’avec un peu de respect et de tolérance, la situation peut s’apaiser. Le message que véhicule cette petite histoire est qu’il est important d’accepter les copains avec leurs défauts et leurs particularités si on veut construire une belle et juste amitié.

Les illustrations sont vraiment drôles : souvent en léger décalage avec le texte, elles montrent une autre facette, un peu plus objective, de toute la place qu’Ours prend réellement, au sens propre comme au sens figuré. Et puis ce décalage de format entre les deux personnages est une vraie mine de gags : quand l’ours envoie le minuscule écureuil voler dans les arbres en s’asseyant de l’autre côté de la balançoire, par exemple.

Une petite histoire très simple et bien jolie sur l’amitié et la manière dont il peut être nécessaire d’ajuster son jugement, apprendre à accepter les différences et les spécificités, et les respecter. Il faut prendre le copain comme il est !

A partir de 4 ans.

Auteur : Smriti Halls. Illustrateur : Steve Small. Editeur : Sarbacane. Prix : 14,90 euros.

Maskime et les petites choses

Voir les choses en grand

Maskime aime les petites choses. Ça le rassure. Une fissure dans le trottoir, la petite araignée de l’entrée, les gouttes d’eau dans le parc, ça au moins on peut les voir en entier, les comprendre, les appréhender. Les grandes personnes, sa chambre, son immeuble, sa ville, tout ça c’est trop grand. On ne peut pas en faire le tour, ni les voir en entier. Et ça, Maskime, ça l’intimide.

Le petit scarabée du zoo qu’il aime tant regarder l’inspire tout particulièrement. C’est d’ailleurs en l’observant qu’il réalise que s’il est SA petite chose rassurante, l’insecte doit avoir besoin d’un plus petit que lui pour se rassurer à son tour. Et ainsi de suite. C’est plongé dans cette vertigineuse réflexion sur l’infiniment petit que Maskime fait la connaissance, un peu soudaine et bruyante, de Barouf l’éléphant. La grosse bête le fixe de ses petits yeux perçants. Mais pourquoi Barouf le regarde-t-il comme ça ? Eh bien tout simplement parce que lui aussi aime observer les petites choses. Alors Maskime serait la « petite chose » de l’éléphant ? Sa théorie vient donc d’être prouvée et validée par le plus gros habitant du zoo. Et puisqu’ils partagent cette passion pour les choses plus petites, alors pourquoi ne pas devenir amis ? Mais comment alors faire rentrer Barouf dans son univers de petites choses ?

C’est à travers le regard si particulier et si doux de Maskime qu’on plonge dans cette histoire en cinq actes. Cette amitié inattendue entre le garçon craintif et le gros éléphant bienveillant pousse comme une herbe folle dans la fissure d’un trottoir. Elle fonctionne comme un pansement sur l’enfant et lui permet, par un joyeux incident, d’accepter d’ouvrir enfin les yeux sur ce vaste monde si effrayant et d’y trouver enfin sa place.

Les illustrations en trichromie (noir-bleu-jaune), au trait encré et mises en couleur à l’aquarelle, rappellent les carnets de croquis d’entomologie. Quelques planches en sont des bons exemples, d’ailleurs. Le texte est tendre, drôle, simple et bien amené. Sur fond de philosophie, on décortique, étape par étape, l’éveil de Maskime au monde qui l’entoure, presque comme un mini parcours initiatique. On en ressort léger et… grandi !

A partir de 6 ans.

Auteur : Nicolas Deleau. Illustratrice : Irène Bonacina. Editeur : Les éditions des éléphants. Prix : 12,50 euros.